Avouez, vous avez commencé à lire ce texte à cause du titre ? C’est vrai que c’était l’intention. Si j’avais choisi comme titre “Premiers pas d’un député”, vous auriez cliqué pour lire ? Vraiment ?

Bref. Un titre qui en jette, c’est la première règle pour attirer l’attention. Attirer l’attention ? Pour quelle raison ? Pour la communication sur son travail de parlementaire pardi ! Voyez-vous, le travail au sein d’un législatif peut être laborieux : des dossiers lourds à traiter, des prises de paroles à rédiger, des interventions à développer, des sujets complexes à vulgariser, et en retour peu de compréhension de la part du grand public (et pour certains égos, peu de passage dans les médias). Ainsi le député doit savoir communiquer sur ses actions, sur son travail. Se faire connaître, sous peine d’une sanction populaire à l’élection qui suivra.

Mais voilà, certains politiciens (je ne donnerai pas de noms) ont décidé de tout miser sur la communication. Ainsi envolées lyriques, interventions populistes, cris d’orfraie, sont devenus une habitude chez ces gens. 95% du travail parlementaire se passe dans l’ombre des commissions et des séances plénières. Certains députés ont décidé de miser sur le 5% restant, avec une communication massive, brutale, outrancière. Privilégier le buzz, le coup d’éclat médiatique, au travail de long terme. Pourquoi se fatiguer à lire les 365 pages des comptes de l’Etat du Valais, quand une petite intervention bien polémique peut vous garantir un passage dans un journal radio ?

Ainsi le député doit avoir en tête les deux interrogations suivantes : A quoi bon faire 95% du travail parlementaire, si vous oubliez les 5% restant pour la communication ? Quelle crédibilité y a-t-il si vous passez votre temps à chercher le buzz, sans assurer le travail attendu d’un législateur pour lequel le Peuple vous a élu ?

Les maitres mots d’un député doivent être les suivants : une crédibilité personnelle, un comportement cohérent avec les valeurs que l’on défend et la préparation de ses dossiers.

Je vous laisse sur ces sages paroles et je vous donne bientôt rendez-vous pour une prochaine chronique.

 

Thomas Birbaum

Député PLR

Collombey-Muraz