La Suisse dispose d’un système de retraite à trois piliers (AVS, prévoyance professionnelle et prévoyance individuelle). L’AVS est basée sur un système par répartition. L’argent versé par les actifs est distribué directement aux retraités. La prévoyance vieillesse n’évolue pas en vase clos, mais dans un contexte démographique, économique et social qui change constamment. Si les gens vivent plus longtemps, les dépenses augmentent parce que davantage de retraites sont versées.

De plus en plus de personnes vivent jusqu’à un âge avancé et touchent de ce fait une rente plus longtemps. En 1948, l’espérance de vie d’un homme de 65 ans était d’à peine 12 ans, et celle d’une femme de 65 ans, d’un peu plus de 13 ans. Aujourd’hui, elle est de 19,8 ans pour les hommes et de 22,7 ans pour les femmes.

Dans les années 1950 et 1960, la Suisse a connu une forte poussée démographique. En dix ans, de 1954 à 1964, le nombre des naissances est passé de quelque 84 000 à près de 113 000 par année, puis il a décru pour retomber à 84 000 en 1974. Ces années de forte natalité constituent ce qu’on a appelé le baby-boom. Les hommes et les femmes de cette génération atteignent désormais l’âge de la retraite. Cela signifie que le nombre de retraités augmentera plus rapidement que le nombre de personnes occupées dans les années à venir.

Il y a 60 ans, on comptait en moyenne 6 actifs pour un retraité. On n’en compte plus que 3,4 aujourd’hui, et ce sera encore moins à l’avenir. Cette évolution compromet le financement de la prévoyance vieillesse. Le grand défi du vieillissement de la société n’a pas été suffisamment pris en main par le politique. Le lancement d’une initiative est donc urgent.

Les premiers effets sont déjà visibles : Le financement de l’AVS se dégrade rapidement depuis 2014. Les recettes ne suffisent plus à couvrir les rentes en cours. En 2018, le déficit du résultat de répartition – à savoir la différence entre le produit des cotisations des assurés et des contributions des pouvoirs publics et les dépenses – s’élevait à 1,039 milliard de francs . Ce problème ne fera que s’aggraver à partir de 2020 avec le départ à la retraite des personnes nées durant les années à forte natalité. Par ailleurs, en parallèle de notre initiative, une réforme – AVS21 est en cours de trai- tement au parlement. Une flexibilisation de l’âge de la retraite est prévue dans le cadre de ce projet.