La politique libérale-radicale se caractérise par sa confiance dans les progrès induits par la recherche et l’innovation. Elle est efficace parce qu’elle s’appuie sur des connaissances scientifiques, tout en étant à l’écoute de la population. La responsabilité individuelle et la liberté sont nos moteurs. Nous misons sur les capacités d’innovation et sur la créativité des individus et des entreprises. L’innovation et la créativité présupposent une ouverture à toutes les technologies, des marchés performants ainsi que la concurrence des idées. Il convient de supprimer les incitations biaisées et les obstacles régulatoires.

Les conséquences des actions individuelles ne sont pas toujours immédiatement évidentes. Raison pour laquelle, il est utile d’introduire des mesures basées sur le principe du pollueur-payeur, qui permettent d’établir une vérité des coûts et de poser des limites claires à la liberté individuelle. Pour que de telles mesures puissent obtenir la majorité, il s’agit de garder à l’esprit les coûts et les avantages pour l’individu et la société, ce qui présuppose que ces mesures prises dans leur ensemble n’augmentent pas les charges. Les recettes seront donc redistribuées à la population et aux entreprises. Il est judicieux, lorsque c’est possible, d’instaurer des instruments (tels que les valeurs limites en matière de CO2) à l’échelle internationale. Ce n’est que si la responsabilité individuelle et les mesures incitatives ne mènent pas aux résultats escomptés que des mesures plus fermes, telles que des restrictions de produits et de marchandises deviennent nécessaires, tant au niveau national qu’international.

Ces principes de la politique climatique et environnementale libérale-radicale englobent quatre secteurs clés de la société : nature/paysage, habitat, travail/formation et transport.

 

Introduire des valeurs cibles de CO2 pour les moyens de transports à énergies fossiles : Comme le stipule la Stratégie énergétique 2050, des valeurs cibles d’émissions de CO2 pour les voitures et les camionnettes doivent être similaires aux taux de réduction prévus dans l’UE. Les émissions nettes moyennes de CO2 pour les nouvelles voitures seront continuellement réduites, ce qui renforcera l’incitation à utiliser des moteurs plus économes en carburant et plus efficaces, tels que les moteurs alimentés par des énergies renouvelables. Si les valeurs cibles ne sont pas atteintes, des sanctions adéquates seront prises.

 

Concept global pour les taxes sur les carburants : Le principe du pollueur-payeur doit davantage être renforcé pour le trafic routier et ferroviaire. C’est pourquoi, nous avons également besoin d’une taxe incitative sur les carburants fossiles tels que l’essence et le diesel. Le niveau des prix des pays voisins doit être pris en considération lors de la définition de la taxe (tourisme à la pompe). La mise en œuvre sera prévue par étapes, afin que les valeurs limites en matière de CO2, ainsi que les objectifs de réduction relatifs au trafic puissent être atteints. Les taxes existantes, telles que la taxe sur les huiles minérales, doivent être incluses dans la réflexion afin que le financement des infrastructures de transport puisse continuer à être assuré. La taxe, ainsi que sa redistribution, doivent s’inscrire dans un concept global, qui tient également compte des contraintes régionales du transport privé. Par ailleurs, le trafic ferroviaire doit lui aussi être englobé dans un tel concept global, notamment dans le cadre de l’introduction de la tarification de la mobilité intermodale (Mobility Pricing). Afin d’assurer une plus grande transparence des coûts, les taxes cantonales sur les véhicules à moteur devraient être, de plus en plus, fixées en fonction du poids et des émissions de CO2.

 

  1. Taxe incitative sur les billets d’avion pour l’innovation et la protection du climat : Le principe du pollueur-payeur doit également être appliqué au trafic aérien. Raison pour laquelle nous avons besoin d’une taxe sur les billets d’avion. Une partie des recettes sera versée dans un fonds pour le climat, dont les capitaux peuvent être utilisés soit en faveur de l’innovation, soit pour des investissements destinés à la protection du climat en Suisse et à l’étranger. Le reste des recettes sera redistribué. Les passagers en transit doivent être exemptés de la taxe. Dans le même temps, la Suisse devrait également plaider en faveur d’une taxation du kérosène coordonnée au niveau international, qui, une fois introduite, remplacera alors la taxe sur les billets d’avion. Enfin, l’aviation doit être intégrée dans le système international d’échange de droits d’émissions de l’UE et dans l’instrument international de compensation CORSIA. Afin d’éviter les doubles comptages, il faut assurer une coordination étroite entre les systèmes et permettre l’attribution de crédits.

2.1› Davantage de transparence dans le trafic aérien : Toute personne optant pour un voyage en avion doit savoir précisément quelle quantité de CO2 est émise par son vol. Grâce à la participation au système européen d’échange de quotas d’émissions et au système international de compensation CORSIA, les émissions par vol sont déjà répertoriées et seront également accessibles aux consommateurs. Il sera ainsi possible d’effectuer une comparaison avec d’autres moyens de transport. Cette transparence offrira aux passagers une base plus rapide et plus efficace pour décider si l’avion est le moyen de transport le plus adéquat.

 

3 › Rendre les paiements directs plus écologiques : Toutes les subventions qui ont un impact négatif sur le climat et l’environnement doivent être réduites, voire supprimées. Les paiements directs doivent être davantage axés sur des objectifs concrets, tels que la promotion de la biodiversité et la protection des ressources naturelles. Les programmes visant l’utilisation efficiente des ressources devraient être renforcés. Les subventions en faveur de la biodiversité biologique doivent, quant à elles, être utilisées plus efficacement, grâce à des contrôles plus stricts.

 

3.1› Assainir et développer l’énergie hydraulique dans une perspective écologique : En tant que principale source d’électricité de la Suisse, l’énergie hydraulique joue un rôle prépondérant dans la sécurité de l’approvisionnement. Cependant, elle est toujours en conflit avec la protection de l’eau, par exemple en termes de protection de la migration des poissons. Pour ce faire, les volumes d’eau résiduelle minimaux doivent être respectés. De nouveaux modèles de financement de l’assainissement écologique de la force hydraulique doivent être trouvés, par exemple dans le cadre de la nouvelle réglementation du régime de la redevance hydraulique. La redevance hydraulique doit être flexibilisée afin que l’électricité hydraulique soit plus concurrentielle.

 

3.2 ›  Optimiser la taxe d’incitation sur les combustibles : La taxe sur les combustibles vise à prendre en compte la vérité des coûts pour les énergies fossiles. Elle doit, par conséquent, être constamment adaptée aux objectifs. Des incitations justes peuvent alors être créées, permettant de passer à une production de chaleur non fossile. La redistribution aux particuliers et aux entreprises doit être revue afin de renforcer son effet incitatif. Le Programme Bâtiments doit, quant à lui, être poursuivi, mais sa mise en œuvre doit être optimisée afin que les moyens puissent être réellement utilisés. La déductibilité fiscale des rénovations énergétiques doit être maintenue afin que de nouveaux investissements puissent être réalisés.

  1. Introduire des valeurs limites pour les systèmes de chauffage : Le remplacement des systèmes de chauffage à énergie fossile doit être encouragé par une définition claire des valeurs limites en matière d’émissions de CO2. Les propriétaires de bâtiments doivent décider eux-mêmes s’ils souhaitent atteindre cet objectif en procédant à une rénovation des façades, en optant pour un système de chauffage moins gourmand en énergie, ou encore en combinant les deux solutions. Ce concept doit être coordonné en étroite collaboration avec les cantons, dès qu’ils ont adopté la législation pour la mise en œuvre (p. ex. au travers de la loi cantonale sur l’énergie).

 

4.1 › Remplacer les chauffages électriques : Les systèmes de chauffage à résistance électrique ne sont pas compatibles avec les objectifs climatiques visés. Dans la plupart des cas, leur rendement est faible. Lors de la construction de nouveaux bâtiments ou du remplacement d’un système de chauffage, on renoncera à l’installation d’appareils de chauffage exclusivement électriques, lorsque cela est économiquement et techniquement possible et lorsqu’il ne s’agit pas de production d’électricité propre au bâtiment.