La retraite et le financement de l’AVS est devenu aujourd’hui un sujet majeur pour notre société. L’AVS va très rapidement connaître des problèmes de financement : le vieillissement de la population et les faibles taux de croissance économique affichés ces dernières années auront un impact négatif sur le financement du 1er pilier. En 2017, le solde de répartition entre actifs et rentiers était déficitaire pour la 4e année consécutive et pour la 1re fois à hauteur d’un milliard de francs. C’est un fait et des solutions doivent être trouvées pour garantir la pérennité des retraites.

Pour résoudre ce problème, l’âge de la retraite devra être revu. Ce dernier devrait être augmenté, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes. Mais afin de combler ce désavantage, d’autres solutions doivent être proposées. Cette question d’âge de la retraite ne pourra pas être réglée par la fixation d’un âge rigide. Il devra s’adapter en fonction de l’espérance de vie moyenne ou de la capacité financière, comme c’est déjà le cas en Suède. La flexibilité doit venir d’une entente entre les partenaires sociaux et du soutien par les différents piliers.

 

Voici quelques propositions :

  • Une égalisation progressive de l’âge de la retraite de référence entre hommes et femmes à 65 ans. Cet âge pourra augmenter à 66 ans en fonction du vieillissement de la population après quelques années
  • Une compensation de l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes par une augmentation temporaire des prestations complémentaires en faveur des femmes, cette compensation doit être dégressive pour les personnes les plus éloignées de l’âge de la retraite dès lors que le changement est d’autant moins douloureux que la période pour s’y préparer est longue
  • Des mesures de flexibilisation de l’âge de la retraite, avec des incitatifs à travailler au-delà de 65 ans sous la forme d’une possibilité de combler les lacunes de cotisation
  • L’introduction d’une retraite partielle dès l’âge de 60 ans, pour des personnes qui souhaitent entrer dans la retraite par étapes et la prise d’une retraite complète au-delà de l’âge de référence, le tout de manière neutre du point de vue des coûts
  • Une augmentation des recettes via une augmentation mesurée des cotisations et de la TVA (depuis 2018, perte de 0.3% sur la TVA, proposition de l’augmenter de 0.5% pour financer exclusivement l’AVS)
  • Des prestations complémentaires révisées pour être plus ciblées et limiter l’augmentation des coûts

Bien sûr, ces propositions seules ne pourront pas régler le problème de l’AVS. Les 3 piliers doivent être améliorés. Il sera également important de revoir la prévoyance professionnelle par exemple et les taux de cotisation. Nous savons déjà que les personnes âgées coûtent chers et avec l’augmentation de l’âge de la retraite, il faudra trouver des solutions, comme repartir les cotisations plus uniformément, afin d’inciter les entreprises à garder et embaucher des personnes proches de la retraite. Pour le 3e pilier, une proposition serait d’augmenter les montants déductibles des impôts. En revoyant ces 3 points, les prestations sociales et les retraites seront plus fortes et saines.