L’initiative souhaitant inscrire dans la Constitution fédérale une aide financière aux paysans élevant des vaches et des chèvres dotés de cornes présente divers problèmes pour les JLR Valais.

Tout d’abord, nous rejetons les initiatives populaire qui vise à inscrire dans la Constitution fédérale des mesures d’incitation pour tout et n’importe quoi. En voulant donner une subvention aux éleveurs qui laissent les cornes à leurs animaux de rente, on contrevient à l’égalité de traitement avec les éleveurs qui écornent les leurs. Une des conditions permettant de passer outre l’inégalité de traitement en l’espèce est un intérêt public prépondérant, qui justifierait cette inégalité. Force est de constater qu’aux yeux des JLR Valais, ne pas écorner ses vaches ne consiste pas en un intérêt public prépondérant…

Nous rejetons cette initiative car elle vise à défendre des intérêts particuliers. Ce texte, qui considère l’écornage comme une atteinte à la dignité animale, est une discrimination claire envers d’autres animaux de rente: pourquoi seules les chèvres et les vaches ont droit à ce traitement de faveur ? La dignité des moutons n’importe-t-elle pas? D’autre part, la question de la dignité est évincée lorsque l’ont sait que des vaches naissent naturellement sans cornes, soit une solution qui consiste en une alternative actuelle à l’écornage.

Par ailleurs, nous regrettons que cette initiative se focalise uniquement sur les cornes, au détriment du bien être général des animaux de rentes agricoles, puisque la Confédération par l’art. 75 de la LAgr prévoit déjà de soutenir financièrement les élevages particulièrement respectueux. Les bases légales existent déjà. Pas besoin de rajouter constitutionnellement une mesure qui ne traite que de l’écornage.

Certes, cette initiative vise à favoriser et non pas à interdire. Cependant décider de garder des animaux à cornes ainsi que d’en assumer les coûts engendrés relèvent d’une décision prise en toute liberté et conscience de l’éleveur. Le peuple suisse a dit non à l’initiative “pour la souveraineté alimentaire” qui voulait changer le statut des paysans d’entrepreneur à fonctionnaire. Cette initiative va dans le même sens : faire du paysan un chasseur de subvention.
Pour ces diverses raisons, les JLR Valais s’opposent à l’initiative dite « pour la dignité des animaux de rente agricole ».